La matérialité de l’écrit numérique ?

Malgré les formats de terminaux de plus en plus proches du livre classique, les matières de ce médium restent froides et essentiellement technologiques. Peut-on comparer la chaleur du papier à la froideur de l’aluminium ou l’impersonnalité du plastique. Le livre électronique reste dur et non malléable dans sa forme alors que l’objet livre va subir l’action de son lecteur : annotations, marques-page, cornures, traces, le dos qui se fissure, déchirures, jaunissement des pages, etc. De plus, comment peut-on distinguer un livre (fichier) qui a été lu plus d’une dizaine de fois par rapport au livre neuf ?

Ainsi, ce sont toutes ses marques affectives qui rendent le livre vivant, de plus, un vieux livre forcera plus le respect dans son usage sans même connaître son contenu ! 

Comment le graphiste/designer peut-il redonner “vie” à l’écrit numérique ou scénariser son vieillissement ?

Le livre électronique devient unique car il est le support de plusieurs écrits, ainsi on perd le volume de l’écrit et son addition avec d’autres livres pour créer une bibliothèque, fierté de son possesseur. 

À terme, que deviendront nos bibliothèques ? Et comment redonner du volume au livre électronique ?

Les matières interactives

La chaleur numérique, l’esthétique du choc sur le web pour compenser la froideur de l’enveloppe technologique.

Peut-on se détacher de l’écran et rester connecté à Internet : l’internet des objets ? Peut-on modeler le livre numérique à sa façon comme on peut “faire un livre à sa main” ?

Et qu’en est-il de l’intimité avec le livre ? Peut-on lire avec un ordinateur ou un livre électronique comme on lirait dans son lit, sous une tente ou à la plage ?

Comment le graphiste/designer peut-il modifier l’enveloppe de l’objet “livre numérique” pour la rendre attachante ?